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10 juin 2020

« Storie Alfa Romeo » Episode Huit : design, sportivité et innovation : la 156 était une authentique Alfa Romeo auréolée de succès

« Storie Alfa Romeo » Episode Huit : design, sportivité et innovation : la 156 était une authentique Alfa Romeo auréolée de succès
  • Un million de visiteurs chez les concessionnaires lors de son lancement et plus de 680.000 ventes totales : des statistiques qui établissent la 156 comme l’un des plus grands succès d’Alfa Romeo.
  • Présentée en 1997, elle a rapidement conquis le cœur des clients et remporta le très important prix « Car of the Year » en 1998.
  • La 156 était un astucieux assemblage de force, d’innovation et de classicisme, en même temps qu’elle faisait revivre la recherche chromatique inaugurée sur les modèles Carabo et Montreal.
  • Elle a changé le visage de l’automobile, inaugurant des innovations qui en ont fait une nouvelle espère de voiture sportive, combinant puissance, légèreté et contrôle : les caractéristiques éternelles de l’ADN d’Alfa Romeo.
  • Belle et enthousiasmante : en 10 ans de Championnats Grand Tourisme, elle a remporté 13 titres.

 

Une berline au cœur sportif

Près d’un million de personnes qui ont visité les concessionnaires lors du premier dimanche de « portes ouvertes » ! Plus de 100.000 commandes en quelques mois. Au total, 680.000 unités vendues entre 1997 et 2005. Ces chiffres attestent bien que la 156 fut l’un des plus grands succès de toute l’histoire Alfa Romeo.

La 156 fut présentée à la presse internationale en 1997 au centre culturel de Belém à Lisbonne, au Portugal. Les ambitions de la société étaient claires : créer une berline qui combine l’excellence stylistique à d’incroyables qualités dynamiques de conduite, offrant un parfait équilibre entre performances et agrément de conduite. Un véhicule qui répondait à 100% à la formule magique d’Alfa Romeo.

L’objectif était très ambitieux – et le résultat fut l’une des meilleures tractions avant jamais construites.

Alfa Romeo et la traction avant

Les premières voitures à voir le jour furent toutes des propulsions, même si dès le départ, l’hypothèse des roues avant motrices avait fasciné les ingénieurs. L’idée est apparue dans l’esprit d’Alfa Romeo dès la fin de la première guerre mondiale. Satta Puliga et Busso étaient convaincus du potentiel de cette solution et ont démarré un programme de développement destiné à faire de la 1900 la première traction avant de la marque. Cependant, la société décida ensuite de s’orienter dans une autre direction : au début des années 1950, l’idée de créer une petite Alfa Romeo fut envisagée, avec des roues avant motrices, menant ainsi à l’étude de diverses solutions mécaniques.

Toutefois, aucune de ces recherche n’atteignit le stade de l’industrialisation. La décision fut simplement postposée. Alfa Romeo décida plus tard d’étendre sa gamme avec un modèle légèrement en dessous de la Giulietta : une voiture compacte et rapide, destinée à booster les ventes. A cette fin, le projet fut mis entre les mains de Rudolf Hruska, le père des nombreuses versions de la Giulietta. Alfa Romeo le commissionna pour endosser une double responsabilité : développer simultanément la nouvelle voiture et la nouvelle usine où celle-ci serait produite. C’est ainsi qu’apparut l’Alfasud, la première Alfa Romeo à roues avant motrices.

On peut dire que l’Alfasud est née à partir d’une feuille blanche et d’un champ libre : il est en effet rare qu’un nouveau modèle soit produit dans une nouvelle usine conçue spécifiquement pour cette occasion unique. La voiture n’avait ainsi aucune contrainte technique à respecter, sauf celles prévus à son cahier des charges.

« Elle devait impérativement être une traction avant. Elle devait aussi être une voiture de luxe compacte, avec 5 places et un large coffre. » C’est en ces termes que Rudolf Hruska évoquait le projet Alfasud quelques années plus tard.

Son moteur 1,2 litre Boxer (à cylindres opposés) fut choisi en lieu et place du traditionnel 4 cylindres en ligne, parce qu’il était moins encombrant et permettait ainsi une ligne plus aérodynamique. La carrosserie innovante à deux volumes fut créée pour améliorer l’accès au coffre à bagages – un volume de 400 litres grâce au positionnement du réservoir à carburant en dessous de la banquette arrière. Ceci contribua à un design innovant et fonctionnel contribuant à une sécurité élevée : une approche qui fut instantanément et largement imitée.

L’Alfasud fut aussi la première commande importante enregistrée par le designer Giorgietto Giugiaro et fut d’emblée un succès commercial. Pour respecter toutes les contraintes d’espace et de dimensions extérieures, le jeune styliste de l’époque inventa son arrière surélevé caractéristique (high tail), en le connectant à un avant aérodynamique d’une ligne simple et élégante.

L’Alfasud entra en production en 1972, l’année où celle de la marque dépassa le cap du million d’unités depuis sa création. A elle seule, la production de l’Alfasud égale presque ce chiffre, puisque 900.925 unités ont été produites entre 1972 et 1984 (sans parler des versions Sprint). Elle devint ainsi le modèle Alfa Romeo le plus vendu de tous les temps !

De la rationalisation de la production à la centralité de la marque

En 1986, IRI (l’agence d’état propriétaire de la marque Alfa Romeo depuis 1933) vendit la marque au Fiat Group – et, comme dans tous les processus d’intégration industrielle, les cinq premières années furent avant tout consacrées à la rationalisation de l’outil de production.

Dans les années 1980, le mot d’ordre chez tous les constructeurs était celui des synergies. Les processus de fabrication et le développement des modèles furent davantage standardisés. De nombreux composants étaient partagés afin de réduire les coûts. Les designers étaient obligés de respecter des contraintes techniques très rigides (comme les dimensions des portes), ce qui atténua aussi leur créativité.

Dans les années qui suivirent, ces règles furent peu à peu assouplies. Les clients détestaient en effet l’homogénéité excessive et commençaient à nouveau à rechercher des voitures expressives. La personnalité de la marque retrouva dès lors toute son importance, influençant le choix du public. Ce changement d’état d’esprit influença dès lors le design automobile, à l’aube d’un nouveau siècle.

Conduite sportive, performances élevées, innovation (et style)

Pour Alfa Romeo, cela signifiait un retour aux sources. La première étape de relance de ses caractéristiques distinctives fut de faire revivre Alfa Corse, la glorieuse équipe de compétition dans laquelle Enzo Ferrari avait fait ses premiers pas. En 1993, la 155 GTA participa au championnat DTM en Allemagne, pilotée par Nicola Larini – qui s’octroya 11 victoires en 20 courses, portant la marque Alfa Romeo sur la première marche du podium du Nürburgring pour la première fois.

La contribution en matière de design fut également éloquente. La 164 de 1987, le premier vaisseau amiral de la marque à recourir aux roues avant motrices, fut dessinée par Pininfarina… même si, à partir de ce moment, le rôle assigné au Centro Stile Alfa Romeo commença à prendre une dimension plus importante.

A Arese, les technologies évoluèrent, tout comme les équipes et les processus de développement. Les nouveaux systèmes de conception assistée par ordinateur furent introduit pour le design et la réalisation de prototypes. L’équipe du Centro Stile fut intégrée à celle du développement des plateformes et participa également aux choix d’orientation technique – après tout, ce qui doit être fonctionnel doit aussi être agréable à regarder et inversement. La forme et la substance font toujours bon ménage : c’est ce qu’il est convenu d’appeler la « beauté nécessaire » d’Alfa Romeo.

Concevoir une nouvelle gamme

Le Centro Stile ne créa pas seulement un nouveau modèle à l’époque, il créa une nouvelle gamme complète. Et, plusieurs années après le rêve devint réalité. En 1995, la marque lança un voiture deux-volumes originale (la 145) sur le segment C, et celle-ci fut rejointe l’année suivante par la version deux volumes et demi (la 146). Les modèles sportifs GTV et Spider suivirent, créés en collaboration avec Pininfarina. Mais le vrai tournant se produisit avec l’arrivée de la 156.

Le style de la 156 était un extraordinaire équilibre entre force, innovation et classicisme. La calandre avant regagna sa prédominance dans l’apparence du modèle, ses lignes se prolongeant sur le capot moteur. Vues de l’avant, les ailes semblaient sculptées autour des roues, contribuant à une apparence très intégrée de ces dernières avec l’ensemble de la carrosserie. Irradiant une force immanente et un contrôle total de la route. L’équilibre recherché entre les surfaces vitrées et la carrosserie faisaient aussi ressembler le modèle à un coupé plutôt qu’à une berline. Les poignées de portes arrière étaient ainsi dissimulées dans le montant de porte, avec des flancs permettant de suggérer un profil aérodynamique et épuré au modèle. « La voiture semble être en mouvement même à l’arrêt », devait déclarer Walter de’ Silva au lancement du modèle. La 156 renouvela aussi la recherche chromatique précédemment déployée sur la Carabo et la Montreal. Les designers d’Alfa Romeo trouvèrent leur inspiration dans la collection de voitures du Musée Alfa Romeo, celles-ci étant exposées dans le même building qu’aujourd’hui : en observant la couleur de la 8C 2900B de 1938, ils inventèrent le fameux « Nuvola Blue », obtenu après plusieurs couches de laques à effet mica, qui contribuent à des effets iridescents sur la voiture.

Sportivité avancée

La 156 était aussi une voiture remarquable sur le plan technique. Ses concepteurs avaient été invités à développer un concept de « sportivité avancée » en combinant puissance, légèreté et contrôle. Une formule qui a toujours été gagnante chez Alfa Romeo.

Pour atteindre cet objectif, des nouveaux matériaux furent introduits (comme le magnésium et des feuilles d’acier sur mesure), des systèmes de suspension très évolués furent conçus (comme le quadrilatère avant) et un soin méticuleux fut apporté à la bonne coordination des organes mécaniques en vue de parfaire la conduite à hautes vitesses et la précision de trajectoire. 

La 156 a convaincu tout le monde : elle fut la berline la plus agréable à piloter de sa génération. Sa version sportive fut aussi une grande gagnante : en 10 ans de Championnats de Grand Tourisme, elle remporta 13 titres.

La naissance du « common rail »

Au lancement du modèle, six moteurs étaient disponibles. Le célèbre V6 Busso était accompagné de trois « Twin Spark » couplés pour la première fois à une double injection (une technologie précédemment utilisée par Merosi en 1914), avec 4 soupapes par cylindre.

Selon la logique prévalant sur le marché européen à cette époque, les moteurs à essence avaient plus de succès que les moteurs diesel. Mais cette évidence était sur le point de changer. Et ce fut Alfa Romeo qui allait contribuer à cette nouvelle révolution : la 156 fut la première voiture au monde à bénéficier de la technologie « common rail ».

Les journalistes qui essayèrent les versions 1.9 et 2.4 JTD à Lisbonne furent éblouis : pour la première fois, des moteurs diesel offraient des performances de moteurs à essence, combinant silence de fonctionnement et confort.

« Car of the Year »

La 156 conquit autant le cœur du public que celui des experts automobiles et, en 1998, elle obtint le prestigieux prix « Car of the Year » décerné par la presse européenne, offrant ce trophée pour la première fois à la marque Alfa Romeo. Sa sœur cadette, la 147 (qui partageait avec la 156 non seulement un même esprit esthétique mais également la plateforme, les suspensions et les moteurs) suivit quelques années plus tard sur les traces de sa devancière, raflant également le titre convoité de voiture de l’année en 2001.

 

Bruxelles, le 10 juin 2020

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